合気道の冬

合気道の冬

mardi 14 février 2012

Arts martiaux internes : explications des bases chinoises

Lorsque on s'intéresse aux arts martiaux internes on tombe assez vite sur les termes suivants :
- yin et yang
- les trois pouvoirs ou forces
- les 5 mouvements
- le système Jing Mai

Mais lorsqu'on cherche une explication claire et accessible, on se retrouve plutôt devant un menu gastronomique réservé à une élite de critiques culinaires très spécialisés.

Je vous propose de découvrir ce qui se cache sous ces termes, avec des mots simples et accessibles à tous ceux avec qui vous aurez envie de partager votre intérêt pour les arts martiaux internes.

Yin et Yang 
Ils sont la base du Tao, ils représentent le mouvement perpétuel.
Le symbole du Tao, le cercle aux éléments entremêlés en est la représentation parfaite.
C'est le plus et le moins qui passent  par le zero. C'est le jour et la nuit qui  passent par aube et crépuscule, etc.
L'un est inclus dans l'autre, l'un se fond dans l'autre, rien n'est séparé, l'un ne peut détruire l'autre, on ne peut les rattacher à des camps opposés, comme le bien et le mal.

C'est la coupure dans cette circulation permanente, cet équilibre, qui crée la destruction.
Exemple : l'excès de l'un ou l'autre crée le problème de santé pour la médecine chinoise.
L'arrêt de la circulation de l'énergie entraine la mort.


Les 3 pouvoirs ou 3 forces
Lao Tseu dit dans le Tao te King : " Le retour est le mouvement du Tao ".

Dans le Tao, la symbolique des 3 pouvoirs ou 3 forces, c'est le schéma du fonctionnement de l'énergie.
Pour mieux comprendre on peut considérer la terre comme énergie Yin et le ciel comme énergie Yang. Comment vont ils communiquer?
C'est l'Homme qui fait le pont entre les deux énergies. Pour que l'énergie soit, il doit etre la vis sans fin de ce mouvement perpétuel.
L'homme permet le retour, les trois forment le Tao,  sont le Tao. Ce qu'on applique à l'homme est appliqué à toutes choses, un arbre, une tasse, une pensée, ... Le Tao est le Un, il est le Tout.
ll est impossible de passer de l'un à l'autre sans intermediaire. Dans la conception chinoise, l'humain,  par exemple, doit "contrôler" cette circulation, toujours la maintenir en équilibre pour que tout fonctionne comme il faut.
 La nature, l'objet le font sans que rien n'entrave. L'humain, lui, de par la pensée, "doit" gérer ce mouvement qu'il peut perturber

Les 5 mouvements  
Les 5 éléments sont, pour les chinois, l'interprétation de l'écoulement de l'énergie.
Elle est representée par un pentagramme. Chaque branche est un élément :eau,bois, feu, terre, métal.
Les chinois ont essayé d'expliquer l'écoulement de l'énergie.
 Il faut penser "un-zéro": binaire.
On découpe le yin et le yang en 5 éléments chacun et on obtient le cycle de production (Yang)  et le cycle de destruction (Yin) (plénitude et vide), pour que le mouvement soit ce qui se remplit se vide et vice versa.
Les 5 élements correspondent aux saisons, la cinquième est la fin de l'été. A l'origine il n'y avait que 4 éléments, le 5e est né pour faire la transition.
Ils correspondent aussi aux 5 directions, 4 points cardinaux  plus le centre.
Celà correspond aussi à un mouvement de l'Energie qui va être croissance, activité maximale, équilibre, décroissance, activité minimale.

Dans un cadre martial, les 5 éléments sont en relation avec la circulation de l'énergie dans les organes.
Les coups qui seront portés seront basés sur l'altération de la circulation de l'énergie dans le corps de l'adversaire.
Pour avoir le maximum d'efficacité, il est nécessaire de savoir à quel stade d'intensité (du maximal au minimal) est l'énergie.
Ceci implique des notions entre autres sur les heures de circulation d'énergie dans le corps.
A une heure donnée, l'énergie sera plus présente dans un organe que dans un autre.
Exemple : l'énergie d'un organe est  à son activité maximale dans le cyle de production. Le tableau des 5 éléments va me permettre de trouver dans le cycle de destruction l'organe qui est à son activité minimale. Agir sur ce dernier donnera une efficacité maximale au geste de l'attaquant..

Les canaux énergétiques principaux Jing  Mai
Ce sont les méridiens principaux. Ils sont au nombre de douze:  6 Yin et 6 Yang. Il sont  rattachés aux organes et entrailles.
Agir sur un méridien, c'est agir sur la circulation de l'énergie; En art martial, le but est d'altérer ou bloquer l'énergie dans le membre ou l'organe concerné.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?!

Restez en paix

dimanche 12 février 2012

Kuji in et symboles dans la pratique des arts martiaux


Dans le bouddhisme shingon, le bushi (guerrier) se charge en énergie par le kuji in.
Il peut également utiliser un objet chargé en énergie par un rituel.
L'objet qui était chargé au départ était le mala (le chapelet bouddhiste).
Pour se faire, le pratiquant va 108 fois (le nombre de perles du mala) répéter un mantra du kuji in de son choix ou les réciter tous les uns après les autres pour que chaque perle soit chargé du mantra.
Pendant la période d'apprentissage, c'est dans l'ordre que le guerrier va réciter les mantras car on ne peut acquérir les forces offertes par le deuxième mantra avant d'avoir acquis les forces du premier et ainsi de suite jusqu'au dernier.

C'est le principe du travail de l'esprit. Chaque mantra représente une étape sur le chemin de l'avancée spirituelle de l'âme.
Le mantra va protéger et diffuser une force supplémentaire au combattant.

Au delà des techniques enseignées, c'est l'esprit qui, pour les moines bouddhistes et shintoïstes, qui à la base détenaient le savoir, doit être forgé.

Le bushido (la voie du guerrier) ne peut être détaché de la religion. Ce sont les kamis (les esprits) et les divinités bouddhistes qui font acquérir la puissance au guerrier qui lui, n'est là que pour servir les dieux, à travers l'empereur, qui est leur représentant.

On a ensuite chargé les lames.
Et parmi les lames le sabre est le plus utilisé, il demeure 'l'arme" des samouraïs.

Comment le sabre est il "chargé?"
Les sabres sont forgés par des moines forgerons qui pratiquent des cérémonies aux cours desquelles ils incrustent  des symboles sur les lames forgées.
Ces symboles peuvent être placés à deux endroits, l'un ou l'autre ou les deux selon que le bushi voulait qu'elle soient visibles ou pas.
Le symbole était gravé soit sur la lame soit sur la tsuka (la poignée), caché par elle, il demeurait invisible.
Cette pratique était très employée par l'école Katori Shinto Ryu. Cette école, réputée shintoïste, utilisait donc également des pratiques bouddhistes.

Les symboles gravés étaient  :

Le symbole du kujukiri (un article sera consacré au kujukiri car c'est un sujet long à traiter pour être clair), le kujukiri est un symbole shingon (bouddhiste au départ) mais récupéré par les shintoïstes.

Le symbole du vajra (kongo en japonais) entouré d'un dragon

Des syllabes sanskrit dans un but de protection.

Koryu Kagemitsu
Il y a en d'autres mais ici ne sont citées que les plus utilisées.

On reste, au delà de la vaillance du guerrier et de l'esprit du samouraï dans une pratique très ésotérique voire magique.
La vaillance du combattant est renforcée par sa foi dans la protection apportée par cette symbolique, au delà de sa simple maîtrise des techniques martiales.

Restez en Paix

jeudi 9 février 2012

Mudras , Mantra , Kuji in, "Rin" le geste décodé

 "Rin" est le premier des signes du kuji in, issu du bouddhisme tantrique japonais, qui lui, vient de l’hindouisme


C'est un geste précis qui sert à invoquer un dieu précis.

Ce geste est indissociable dans l'invocation tantrique de la phrase.
Ce n'est pas comme les simples mains jointes
 de la prière chrétienne par exemple.

Contrairement aux sutras utilisés dans une prière collective, que l'on peut rapprocher de la lecture d'un psaume,
il est lié à une pratique individuelle dans le cadre d'un travail sur soi,
un peu comme la méditation du moine dans sa cellule pour atteindre "l'éveil".


Les deux majeurs joints correspondent à la connexion des deux méridiens péricardes et ferment un circuit précis. Ils alimentent le chakra de base.
On note ici la jonction entre deux cultures, la culture chinoise qui se réfère aux méridiens,
la culture hindouiste qui se base sur les chakras.

Le bouddhisme tantrique japonais diffère par là du bouddhisme tantrique tibétain qui
lui se rapproche plus de l'approche hindouiste, les nadis, les "méridiens" vus par l'hindouisme.
Le mélange prend plus de sens que pour le mantra, simple traduction phonétique sans sens véritable.
Mais encore une fois c'est une superposition d'une culture, d'une religion, d'une pratique, sur une autre.

Sur les seuls doigts concernés qui sont accolés, les majeurs, les mains qui s'étreignent renforcent l'idée de fermeture du réseau,
Elles ne sont pas simplement jointes, l'idée de la force qui circule est donc plus présente. L'image mentale rejoint l'intention, la confirme.

Mais au delà, la position de la main autour des majeurs ne changerait rien à la connexion.
"croire c'est faire", là encore.

C'est le bouddhisme qui a donné cette dimension invocatrice aux gestes.
L'hindouisme dédiant le mudra exécuté avec une ou deux mains (contrairement aux deux mains toujours liées dans le kuji in) à la danse, le mudra dans l'hindouisme n'invoque pas, il exprime un sentiment ou une pensée.

Le mudra du kuji in invoque le dieu Indra, dieu hindou.
Mais dans l'hindouisme, il n'existe pas de tel geste pour invoquer Indra.

Il y a de quoi s'interroger sur la valeur "invocatrice" de ce qui est un assemblage de pratiques diverses et aux buts différents.

Au final, que l'on exécute ou pas le kuji in ne changera rien à la réalisation et à la force de la technique.
Quelque chose qui n'a dans son origine rien qui le rattache réellement à une pratique religieuse
 ou ésotérique ne peut apporter la puissance d'un dieu précis.

Or, avant qu'on l'ait décodé, c'est ce que nous promettait le kuji in.

Restez en paix